Valdimero

Comment on compte, et ce qu'on ne compte pas

La plupart des applications de suivi de résidence sont des boîtes noires : elles affichent un nombre sans jamais dire d'où il vient. Cette page publie la méthode — y compris ses limites. Si un chiffre vous paraît faux, vous devez pouvoir le vérifier sans nous croire sur parole.

Le principe

Un pays, une règle — pas un seuil universel

Compter « 183 jours partout » produit des chiffres faux dans une quinzaine de pays et sur au moins trois méthodes de calcul. Le moteur applique donc à chaque pays la fenêtre qui le concerne, et le document exporté nomme cette fenêtre noir sur blanc, pour qu'un professionnel n'ait pas à refaire le calcul pour le contrôler.

Année civile le cas général

Jours de présence entre le 1er janvier et le 31 décembre, comparés au seuil du pays. C'est la méthode d'environ 190 pays — mais le seuil, lui, n'est pas toujours 183.

Suisse 90 · Paraguay 120 · Thaïlande 180 · Inde 182 · Salvador 200

Douze mois glissants Indonésie, Sierra Leone

Le compteur ne repart pas au 1er janvier : il regarde toujours les douze derniers mois. Un séjour de novembre à février compte encore en juin.

Jours consécutifs Salvador

Ce ne sont pas des jours cumulés mais une série ininterrompue. Une seule sortie casse la série et remet le compteur à zéro.

Présence substantielle États-Unis

Les jours de l'année en cours, plus un tiers de ceux de l'année précédente, plus un sixième de ceux d'encore avant. On peut franchir le seuil sans jamais avoir passé 183 jours sur place en une seule année.

130 jours par an pendant trois ans = 195 au sens de ce test

Année fiscale décalée Royaume-Uni

Elle court du 6 avril au 5 avril. Un total arrêté au 31 décembre n'y veut rien dire.

Deux années cumulées Irlande

183 jours sur l'année, ou 280 jours cumulés sur deux années consécutives — une année à 30 jours ou moins ne comptant pas dans ce total.

Présence physique Afrique du Sud

91 jours sur l'année en cours. Le pays applique en réalité un test qui s'étale sur six ans ; le moteur n'en modélise que le volet annuel, et le dit.

Les règles transverses

Trois décisions qui changent les totaux

Le jour de voyage compte des deux côtés

Beaucoup d'administrations comptent le jour d'arrivée et le jour de départ comme des jours de présence. Le 12 mars est donc compté par le pays qu'on quitte et par celui où l'on arrive. Sur douze allers-retours dans l'année, cela fait douze jours d'écart avec un tableur naïf — toujours dans le sens qui vous dessert.

Un même jour n'est jamais compté deux fois pour un même pays

Si deux séjours dans le même pays se touchent ou se chevauchent, le jour commun compte une fois. Le décompte porte sur des jours distincts, pas sur une addition de durées — sinon deux séjours mal saisis gonflent artificiellement le total.

Le séjour à cheval sur le 31 décembre reste lisible en continu

Un séjour du 19 décembre au 14 février se lit « 13 jours » puis « 45 jours » dans une colonne par année — et la seule chose lisible sur un passeport disparaît : 58 jours d'affilée. Le moteur reconstitue ce bloc continu et l'affiche à côté du décompte annuel.

Le pays de résidence est exclu du décompte Schengen

On n'est pas « visiteur » chez soi. Et le plafond 90/180 ne s'affiche pas du tout si vous détenez le passeport d'un État membre : un ressortissant circule librement, la règle ne le concerne pas.

L'honnêteté du moteur

Ce que Valdimero ne fait pas

Une page qui ne dit que ce que l'outil réussit n'apprend rien. Voici ce qu'il ne modélise pas — et qui pourrait changer votre lecture.

Les limites connues, à la date de cette page

  • Le volet pluriannuel sud-africain n'est pas modélisé. Seul le volet annuel de 91 jours l'est ; le test complet regarde aussi cinq années antérieures et un cumul de plus de 915 jours.
  • Le Statutory Residence Test britannique n'est pas implémenté. Le moteur applique l'année fiscale décalée, mais pas le jeu d'attaches qui peut rendre résident avec beaucoup moins de jours.
  • Les conventions fiscales internationales ne sont pas appliquées. Elles peuvent renverser complètement une lecture nationale, et c'est très souvent ce qui tranche.
  • Aucun séjour futur n'est compté. Une destination déclarée reste une intention : elle n'entre dans aucun total. Le simulateur permet de projeter, mais rien de projeté n'alimente un décompte.
  • Une quinzaine de micro-États n'ont pas de fiche source publique consultable : leur seuil est laissé à 183, ce qui signifie « non vérifié », et pas « confirmé ».
  • Rien ici n'est un verdict. Les jours ne sont qu'un critère parmi plusieurs — le foyer, l'activité professionnelle et le centre des intérêts économiques comptent autant, parfois davantage.
La marge

On prévient avant, jamais « atteignez 183 »

Un seuil n'est pas un objectif à atteindre : c'est une limite dont on veut rester loin. Les rappels se déclenchent avant le seuil, avec une marge, et uniquement pour les pays dont la méthode permet une projection honnête. Là où une projection serait fausse — la présence pondérée américaine, par exemple — aucune alerte n'est émise plutôt qu'une alerte inexacte.

Vérifier par vous-même

Le dossier exporté nomme la méthode appliquée pour chaque pays, avec la période couverte et le détail des séjours. Vous pouvez le lire, le recalculer, et le contredire.

Voir un dossier d'exemple
Faire le test des critères de résidence française